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Le frère de la Lune
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Madril
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Post Posted : Thu 8 May - 20:28    Post subject : Le frère de la Lune Reply with quote

Partie 1



Madril signa le papier et congédia l'emmisssaire. Cela faisait plusieurs heures qwu'il recevait de nombreuses visites de tous domaines, pretant allégeance a la puissance de la Dynastie des Madril. Supirant, le jeune seigneur fit signe à son garde de faire entrer le prochain. Depuis qu'il était revenu des bains, les visites n'arretaient pas, et les visages se ressemblaient ...

S'accoudant à son bureau en bois blanc, Madril continua à contempler la salle, toujours aussi imposante. Haute de plafond, cette grande salle fut autrefois une salle à manger, recevant des centaines d'invités et de convives, permettant un accès direct sur les cuisines. Un accès desormais condamné par Madril, qui y avait fait construire sa chambre. Les murs aussi étaient longs et remplis de tableaux et de gravures, toutes aussi imposantes les unes que les autres. Et juste derrière le grand bureau du Seigneur des lieux, un immense portrait balayait la salle d'un regard puissant et imposant. Le portrait de Madril 1er, la fondateur de cette dynastie. Depuis la création de cette maison, seuls deux hommes portaient le prénom et le même nom à savoir : Madril.

La profonde reflexion du "Maitre Madril" comme on disait au Palais de la Lune, fut brisée par l'entrée de trois hommes dans la salle. De tuniques d'un melange marron et beige, couleur des plaines des Désolations, les soldats Kharans escortaient un messager, qui semblait épuisé. Madril le reconnu, c'était le messager qui arpentaient sans jamais s'arreter les inombrables terres du monde, et jamais disait-on, il ne s'arretait. Les trois hommes firent une reverence qui agaça Madril.

-Parle messager.

Après une deuxième révérence, le message se frappa le poing droit sur le coeur et dit avec fiereté.

-Maitre Madril, j'ai des informations urgentes venant de l'ordre des prophètes. Et des informations sur la cité d'Eliakin.
-Parle, qu'attends-tu.
-Le premier prophète de l'ordre, a un message vous etant destiné ... " Celui qui dans son nom porte la marque de sa famille, le jour de la Lune devra se rendre dans le Temple saint, et acceuillir avec dignité, la sagesse des Anciens."... Concernant la cité, on affirme que le seigneur Cirion preparerait une expédition qui trvaerserait les Desolations ...

Plongé dans ses reflexions, Madril n'ecouta que vaguement la dernière phrase de son messager ... Personne ne pouvait passer dans les Désolations sans être repéré ou arreté par ses hommes et le Palais pouvait largement subvenir aux besoins d'attaques éclairs ... Se levant, Madril remercia et congédia les trois hommes qui partirent, sans effectuer encore une courbette. Le Maitre arpenta la pièce de long en large jusqu'a ce que son général personnel - suite au décès du Général Baldwin - vint le tirer de ses reflexions.

-Lia, envoyez 3 régiments dans la bordure des Désolations, et du Pic de Nolk, si des hommes d'Eliakin passent sans l'accord ecrit du palais ... Tuez-les. Si vous repérez le seigneur Cirion, arretez-le et escortez le jusqu'ici. S'il refuse, executez tous ceux qui l'accompagnent, mais pas lui ! Ce sera tout, vous pouvez disposez.

Une fois que le militaire sortit, Madril fit fermer et bloquer les portes menant à sa chambre et à son bureau. Se retirant dans son fief privé, Madril s'allongea dans son grand lit. Les mots du messagers tournaient dans sa tête. En règle générale, les fabulations des prophètes n'interressait que peu Madril qui les congédiait immédiatement. Mais lorsqu'il s'agissait de La Lune, Madril ne  pouvait passer outre. On disait que Madril 1er avait decouvert un secret formidable mais très dangeureux en rapport avec la Lune. Honorant ce secret, tout ce qui touchait de près ou de loin à lui recevait en hommage le nom de cette dernière ... Et chaque personne qui la prononcait invoquait avec ses paroles toute l'histoire de la dynastie ... Cedant doucement mais surement au sommeil, Madril grava dans sa mémoire la phrase ecrite à son plafond avant de plonger dans les ténèbres noires des rêves ...

Au royaume des aveugles les borgnes sont rois ...

Quand le jeune seigneur se reveilla en sursaut, la dernière phrase qu'il avait vue eclata dans sa tête. C'était pourtant simple.. Le jour de la Lune était le jour de la pleine lune, et dans les Désolations, le jour de la lune, c'était le jour où tous les fidèles Kharans se rendaient au Temple de la Lune ... Il sortit à toute vitesse de sa chambre et deboula dans les couloirs intérieurs, qui donnaient sur un sublime jardin ... Sans profiter de la fraicheur de la nuit et de ce panorama exceptionnel, madril descendit les marches qui donnaient dans la cour quatre à quatre. Arrivé dans le Jardin qu'il traversa à toute allure Madril arriva à la porte Principale de l'aile Ouest. L'ouvrant à la volée, il s'etonna de ne voir que quelques gardes postés ci et là, piquant du nez. Il continua sa course folle et arriva dans les Quartiers de la Bibliothèque, là où des milliers d'ouvrages étaient entreposées. Lorsqu'il entra dans la bibliothèque, le gérant de l'acceuil tenta de le repousser, mais se ravisa et se fit oublier dans la pénombre lorsqu'il croisa le regard furieux du Maitre des Lieux. Parcourant les rangées de livre, Madril s'arreta devant l'ouvrage qui parlait du Temple... L'ouvrant, il feuilleta les pages et trouva ce qu'il cherchait. Lisant entre les lignes, il ne parvint pas à decouvrir quelque chose qu'il ne savait pas encore ...

Decouragé, il se laissa choir sur le fauteuil et se plongean dans une profonde reflexion .... Quand un cor sonna aux etages supérieurs. C'était le cor d'urgence, appelant tous les soldats sur la terrasse. Madril sortit de la Bibliothèque et fut pris dans l'agitation de la mobilisation. Faisant signe au Général Lia, les deux hommes confèrent vers la terrasse  supérieur un magnifique lieu ...

Des centaines de marches permettaient de monter et Madril fut vite essouflé mais poursuivit son escalade. Arrivé en haut, il deboula sur une grande plateforme, entièrement carrellée d'une noirceur plus profonde que les ténèbres. Se propulasnt sur le balcon, madril porta son regard sur la terreasse inférieure où déjà des milliers de soldats s'entassaient. Cet exploit avait d'abord parut impossible à Madril. Tout comme l'enormité du Palais, qui resatait caché par un creusement dans les plaines. Seules les terasses et les trois derniers etages sortaient de la vallée. Toute l'autre partie du palais était invisible de loin, et les etages supérieurs passaient pour une montagne ... Le palais tout entier était construit dans des proportions enormes et demesurées. Mais, ce n'était rien comparé au Temple de la Lune, immergé dans le sol ... Ce dernier n'était accessible que par des conduits souterrains creusés par des maitres Nains, à l'epoque du fondateur de la dynastie ...

Madril reporta son regard sur les vastes plaines quand le cor sonna une deuxième fois. Celle là fut la bonne. Les milliers de soldats rassemblés et leur chef Suprême, le virent. Ils virent ce faisceau rouge sortir de la terre pour s'elever loin, très loin dans les cieux. Ce phénomène ne se produisit que quelques instants, mais tout le monde savait d'où venait ce rayon .. Et personne ne put certifier que dans deux jours, ils iraient prier la Lune dans le Temple ...



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Madril
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Post Posted : Mon 12 May - 10:49    Post subject : Le frère de la Lune Reply with quote

Partie 2

-Maître Madril, c'est inutile ! C'est beaucoup trop risqué !
-C'est risqué si je le décide. Répondit Madril, d'une voix froide.

Depuis l'incident du faisceau rouge, Madril arpentait la bibliothèque et les archives de long en large, pour tenter de trouver ne serait-ce qu'une petite référence à cet étrange phénomène. Et il avait trouvé ... Mais comme par un heureux hasard, le livre était très ancien, et écrit dans une langue que plus personne ne connaissait depuis fort longtemps ... La bibliothèque était déjà en elle-même une pièce imposante, mais quand on regardait les immenses rayons et  tous ces livres qui contenaient tout ce savoir écrasait littéralement toute personne s’y aventurant ... La bibliothèque avait toujours fasciné Madril et depuis un an, un an qu’il était le maître incontesté de ce Palais, il y avait séjourné souvent, plus impressionné par le savoir que tous ses ancêtres avaient légués plutôt que par les livres en eux-mêmes, tous rongés par le temps ... Après avoir consulter les dernières archives qui l’intéressait, Madril avait pris la décision de partir pour le Temple de la Lune mais la plupart de ses serviteurs – et surtout les gardes – tentaient par tous les moyens de l’en dissuadé ...

Rentrant dans ses quartiers, d’une humeur maussade, Madril fut suivit par Richard, son plus proche serviteur et deux solides gaillards. Fatigué, Madril congédia d’une façon peu recommandable les trois hommes et entreprit de s’armer pour son voyage. N’emportant que le strict minimum, Madril emporta une épée courte, une armure légère et deux couteaux, placés sur ses avant-bras. Alors qu’il bouclait son ceinturon, le Soleil se levait et une douce lumière orangée balaya toute la façade Est du Palais. A ce moment, Madril se perdit dans ses pensées ...

Et si tout cela n'était pas arrivé ... Si je n'étais jamais allé dans ce Temple ... Aurais-je été hanté par l'esprit de mon père qui m'a légué tout ceci ? A peine entré, je savais déjà tout ce qu'il y avait à savoir ... Personne ne m'a rien appris, et le Palais influence sur mon caractère ... Si seulement rien n'était arrivé.


Respirant à fond, le seigneur s’arracha à ses pensées et entreprit de descendre jusqu’aux écuries. Pour se faire, il devait descendre des escaliers et des couloirs à n’en plus finir ... Sortant de sa chambre, il atteignit la rampe et les premiers escaliers qu’il descendit quatre à quatre. Mais en chemin, Phesa, sa garde du corps attitrée lui barra le passage.

-Maître Madril ne peut partir. Votre fonction est de nous guider et de nous protéger. Sans descendant, si vous mourrez, le palais ne survivra pas ! dit-elle, les larmes aux yeux.
-Ecarte toi Pesa. C'est un ordre, je n’ai aucune envie de perdre du temps. J’ai ma destination, et tu dois t’incliner devant ma sagesse.
-Vous devrez me passer sur le corps !
-Je ne supporte pas l'insubordination. Ecarte toi ou je te tue.

Madril s'approcha de la femme, mais elle ne broncha pas et ne fit mine de se déplacée. Madril n'avait jamais supporté les pleurs et les lamentations. Ridicule, il ne comprenait pas le fait même de pleurer.
La femme ne bougea pas d'un pouce, mais fut saisit d'un tressautement et d'une réelle surprise lorsque la lame de son "Maître" lui traversa les entrailles. Laissant tomber comme une vulgaire poupée le corps, Madril continua son avancée vers les écuries. « Quel Gâchis » pensa Madril. Mais s’il fallait en passer là pour avancer, il le ferait sans hésiter. Immunisé grâce à sa détermination et à son appartenance à sa dynastie, Madril n’éprouva pas le moindre remord de ce qu’il venait de faire ... Jusqu'à ce qu’il chute dans le couloir aux murs froids. 


Tout ceci ne me ressemble pas ! Qu'ai-je fait ?

Sans savoir qui il priait, Madril tomba à genoux et implora les Dieux de lui venir en aide. Se relevant, les yeux humides, il ramassa son arme et continua sa route, chancelant, encore sous le choc. Suivant les taches de sang, deux soldats déboulèrent dans le couloir, armes au poing. Quand ils virent le seigneur Madril dans cet état, ils l'interpellèrent.

-Maître Madril ... Tout va comme vous voulez ?
-Oui je vais bien, disparaissez.
-Vous savez que l'infirmerie n'est pas loin et...
-JE VAIS BIEN, RETOURNEZ A VOS OCCUPATIONS ESPECES D'ABRUTIS ! Explosa Madril.

Tenant à leur vie, les soldats partirent au pas de course sans demander leurs restes. Continuant, Madril reprit une démarche droite. Ces abrutis ne méritaient que ça pensa t-il. Arrivant enfin à destination, il n'adressa même pas un regard aux jeunes écuyers et autres soldats présents dans les box, se jettent littéralement à genoux pour le saluer. Les écuries, comme tout le reste du Palais étaient taillées dans des proportions énormes et démesurées. Plus de 500 chevaux y étaient présents, en raison du nombre constant de cavaliers, prêts à chevaucher à bride abattue pour aller quérir les défenseurs dans toutes les Désolations. En cas d’attaque, les cavaliers partaient dans toutes les directions, prévenant les hommes de toute position et le communiqué de leurs nouveaux ordres. Ainsi, toute la trame se mettait en route et les envahisseurs se retrouvaient piégés, acculés face au Palais. Dans les nombreux récits de batailles, le « Maître  » exterminait les assaillants avec un étrange pouvoir ... Arrivant jusqu'a son cheval, Madril enfourcha sa monture et partit au triple galop. Il lui fallut une bonne demi-heure pour remonter la pente qui sortait de la vallée, car la partie inférieure du palais était taillée dans la vallée et seuls les étages supérieurs donnaient directement sur l'air libre. Fuyant le monstrueux édifice, Madril chevaucha à bride abattue jusqu'a l'emplacement du Temple. Filant au vent, Madril passa devant les paysages typiques des Désolations ... De grandes plaines carbonisées donnaient une étrange sensation de savane, ou de terre calcinée. Le relief, très aléatoire, plaçait des montagnes, des collines et des fissures à chaque virage.  On racontait, que loin à l’Ouest des Désolations, une crevasse sans fond séparait une partie des Désolations qu’on ne pouvait voir. On racontait que cette partie ne serait accessible que par  « l’Elu » et par la terre ... Madril ne s’en souciait guère, car chaque jour, les fanatiques de la Lune, les plus fervents serviteurs du Maître Madril rependaient la parole et prêchaient la ferveur de la vraie religion et au culte que tous ces Kharans vouaient à leur Maître.


Mais, pris au dépourvu, Madril rata un petit accroc du terrain, et son cheval s'écrasa violemment sur le sol.La patte cassée, le cheval agonisait et Madril se resolut à l'achever. Alors que tout espoir d’atteindre le Temple avant la fin de la journée semblait s’être envolé, un nuage de poussière attira l’œil de Madril. Le nuage se rapprochait, et il devina sans peine qu’il s’agissait de cavaliers. Par mesure de sécurité, Madril dégaina sa légère épée et fit face, attendant que les cavaliers soient à portée.


Après quelques minutes, trois cavaliers se distinguaient parfaitement, et ils rejoignirent Madril en quelques secondes ... Deux étaient vêtus d’une tunique bleu azur toute simple, et le troisième, enroulé dans ne cape rouge, avait rabattu sa capuche blanche ...


-Holà ! Qui es-tu jeune fou ?
-Je suis le Maître Madril inclinez-vous devant moi. De par le serment de la Lune, vous me devez allégeance.


En entendant ces paroles, les deux hommes en bleu azur échangèrent entre eux un regard bien entendu. Le troisième, qui n’avait pas bougé d’un pouce releva sa capuche. Il n’avait pas d’yeux et d’énormes cicatrices barraient entièrement son visage. D’une voix rauque le mystérieux homme leva une paume vers Madril et commença à réciter des incantations dans une langue gutturale ...


-Bon voyage, Prince de la Lune ... Puisse les esprits vous menez à la victoire finale ... Car tout commence maintenant ...


Dans le crâne de Madril, une lumière blanche et une douleur éclatèrent. Il tomba à genoux, la tête entre les mains et sombra dans l’inconscience, dans une lumière blanche ...


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Madril
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Post Posted : Mon 12 May - 18:23    Post subject : Le frère de la Lune Reply with quote

Partie 3


Madril se releva. Enfin il pensait se relever. En vérité, il s'était relevé mais avait l'impression de ne pas avoir bougé. Pire, il ne sentait même plus son corps. Il voulut ouvrir les yeux, mais il s'avisa qu'ils étaient déjà ouverts. Autour de lui, tout était blanc. D'une pureté inimaginable, ce blanc était tout. Il était l'air, le sol, lui même ... Réfléchis.. Madril tenta de lever une main. Même phénomène, il ne sentit pas son corps répondre. Mais au moins, se dit-il, je peux réfléchir ... Domptant l'angoisse qui commençait à s'emparer de lui, Madril réfléchit, et essaya de voir ce qu'il se passait ... Encore un echec. Alors, il voulut voir ce qu'il se passait ... Soudain, comme éveillé d'un long sommeil, la vue de Madril se flouta puis redevint claire. Le blanc avait disparu et le seigneur se inspecta l'étrange lieu dans lequel il était. Une pièce aux murs arrondis, formant un cercle. Aucune porte ni fenêtre.

Encore une fois, il voulut marcher et y parvint. S'avançant vers un pan de mur, il se rendit compte que sa vision se brouillait à nouveau.
Se concentrant, il tenta de reproduire l'effet de sa volonté. Dans un état proche de la transe, il parvint à invoquer une porte. Mais lorsqu'il l'ouvrit, il se trouva confronté à ce même blanc ...

Je veux une porte qui conduise quelque part !

Le blanc de la porte se reforma, formant une nouvelle pièce. Cette fois-ci, lorsque Madril franchit le seuil de la porte, il retrouva pleinement sa capacité humaine a diriger ses faits et gestes.

-Trois jours pour sortir de la pièce de la Volonté ... Impressionnant.

Madril fit volte-face, prêt à dégainer, mais quelle fut sa surprise lorsqu'il ne trouva ni épée ni fourreau suspendu à son ceinturon.

-La meilleure arme, n'est pas l'acier...

La voix continuait à parler, sortant de partout à la fois. Des murs, du sol, et de Madril lui même. N'ayant d'autres choix, il répondit.

-Qui êtes-vous ?
-Et toi qui es-tu ?
-Je suis le Seigneur Madril, Roi des provinces de la Lune, Maître du Palais, souverain des Kharans.
-Moi aussi.
-Cessez cette ridicule plaisanterie. Répondez, qui êtes-vous ?!! Hurla Madril.

Soudain, devant le jeune seigneur, un grand homme arriva. Comme par magie, dans un nuage de poussière blanche. L’homme était entre les âges. Très semblable à Madril, il était empreint d’uns sérénité et d’un calme d’une grande hauteur qui se faisait sentir sur ses traits. Cet homme était rempli d’assurance et d’autorité. Il sourit à Madril et lui présenta un siège -que Madril n’avait pas vu ... Pourtant, il n’y était pas, il en était sur ... – le jeune seigneur s’assit. Alors, le sourire de l’inconnu s’élargit et il se présenta :


-Madril 1er, fondateur de ta famille, de la dynastie et des pouvoirs de la Lune ...


Ne sachant que répondre, Madril se contenta de regarder avec plus d’attention son ancêtre, à première vue. L’homme s’assit à côté du jeune Maître de la Lune et continua à lui parler.


-Sais-tu Madril où nous sommes ?
-Non, et cela m’inquiète un peu ...
-C’est normal ... Nous sommes ici, dans un lieu qu’on appelle l’Antichambre de la Destinée ... C’est un lieu qui existe et n’existe pas ... Ici, la vie et la mort n’existe pas plus que le feu ou l’eau.
-Admettons que cela soit possible ... Comment aurais-je pu y arriver ?
-Simple formalité ... Tu y es arrivé, car tu en avais besoin ... Aussi simple que cela.
-Bien, cela fait longtemps que je suis ici ?
-Oui, 50 ans...


En entendant cela, Madril manqua de s’étouffer. Comment pouvait-il être là depuis 50 ans ? Etait-il mort ?


-Oui 50ans ... Cela fait 50ans que tu es dans l’Antichambre. Mais, venons en au fait, si tu es là c’est que tu as besoin de quelque chose, alors parle.
-Je ne sais pas ... Je ne comprends pas.
-Il faut savoir se poser les bonnes questions ... Tout à l’heure, dans la pièce blanche, comment es-tu sorti ?
-Je ne sais pas ...
-Voyons ... Comment as-tu fait apparaître la porte ?
-J’y ai pensé ...
-Seulement penser ?
-Non, je comprends ... Je l’ai voulu.
-Ah ! Voila enfin le bout du tunnel ... La volonté, elle peut tout faire dans ce lieu. Regarde, si je veux vieillir, je peux ...


Mettant ses paroles à exécution, de profondes rides marquèrent vite le visage de l’ancêtre. Bizarrement, Madril était de plus en plus à l’aise dans cet environnement pourtant étrange ... Se souvenant d’un passé qui lui revenait de très loin il dit :


-Madril ... (commença t-il avec un petit sourire ... Parler à un homonyme « mort » devenait très difficile) On dit que vous avez découvert un secret si sombre que vous avez préféré le caché sous le Palais, sous les édifices et les grimoires ... Dans les écrits, on raconte que tous les Seigneur du Palais, il y a 500 ans dispersaient les envahisseurs avec de terribles pouvoirs ... Parlez-m’en.
-Pour cela ... il faut savoir que le pouvoir ne sert à rien. Seule la volonté est puissance. Seul l’intellect doit être pris pour pouvoir ... Quant au secret, en effet il existe. Mais il est trop puissant pour qu’un seul homme le découvre ou s’en serve. Mais, par mégarde, j’ai omis d’enlever la rage et la colère qu’inspirait la Lune à ses serviteurs ... Par exemple, par moments, n’es-tu pas investi d’une rage qui t’inspire une furie, au point de tuer des gens ?


Madril préféra garder le silence en pensant à Phesa ...


-Ce n’est rien fils ... Tout dirigeant du palais est soumis à ses crises, et seule la sagesse des Anciens peut empêcher cette folie de s’aggravée. Mais avant que tu accomplisses ton destin, j’aimerai que nous discutions un peu ...


Quelque chose dans la tête de Madril explosa, et la phrase de son ancêtre le marqua, mais il ne parvint pas à retrouver ce que cela lui rappelait ...


-J’aimerais que tu soit un vrai seigneur Madril ... Pour cela, il te faudra te montrer sans pitié tu m’entends ? C’est à ce prix que la Prophétie qui réunira l’équilibre se réalisera. Il ne faut laisser entrer personne en nos terres ! Personne tu entends ? Ecrase les tous. Jusqu’aux derniers. Ensuite, tu pourras recevoir la Sagesse des Anciens et surtout, posséder le pouvoir ultime,  le secret que j’ai si longtemps caché ...


Se levant, les deux Madril marchèrent dans des longs couloirs qui n’arrêtaient pas de changer, selon les volontés des deux hommes. Soudain, un mur arrêta brusquement la marche.


-Avance mon digne descendant ... N’oublie pas ... Au royaume des aveugles les borgnes sont rois ... Tu vas recevoir ma grâce et mon savoir ... Profites-en bien ... Cela ne fait que commencer. Encore quelque chose ! Toutes les Prophéties que tu entendras ... Ne retient que celles qui font mention des « Deux Parties » ... Bonne chance ...


Madril avança ... Et traversa le mur. Soudain, une immense extase s’empara de lui. Des effluves de savoir entraient en lui. Des milliers d’années de savoir qui venaient toutes seules. Des noms, des événements, des langues ... Tout ça, Madril le connaissait à présent. Autour de lui, rien n’existait, seulement le fait que durant sa traversée de ce monde étrange, tout ce savoir et cette force lui venait. Mieux, il avait enfin l’impression de les avoir apprises ... Cela fait 50ans que tu es dans l’Antichambre. Madril comprenait enfin le sens de ces paroles. Il continua d’avancer dans ce magnifique moment, seulement conscient de son bonheur. Lorsque tout redevint normal, il se trouvait dehors, dans les Désolations qu’il avait l’impression de ne jamais avoir quittés ... Quand il se retourna, il vit deux hommes en tuniques bleu azur. Ces deux hommes dégainèrent leurs épées et attaquèrent dans un bel ensemble Madril qui voulut riposter ... Mais ne rencontra que le vide lorsqu’il voulut dégainer. Il effectua une roulade et échappa de peu aux deux adversaires. Ramassant une vieille branche, Madril tournoya et repoussa les assauts répétés des deux hommes. Il se glissa sous la lame d’un adversaire et remonta brusquement, frappant du plat de sa paume le nez de l’homme. Sous l’impact, l’os du nez perfora dans un craquement sonore le cerveau de son ennemi. Ramassant l’épée du défunt, Madril combattit avec ardeur le dernier assaillant. Déjà bon bretteur, Madril fut surpris de sentir une autre force manier son épée. Après un bref combat, le dernier assaillant tomba à terre, à la merci du Seigneur.


-Puisse la Lune avoir pitié de toi ...


Madril jeta au l’épée de son adversaire et enfourcha le cheval du vaincu. A présent, il comprenait pourquoi on appelait ce lieu l’Antichambre ... En passant par là, il avait appris tout ce qui avait à savoir pour qu’il puisse accomplir ce qui devait l’être. Chevauchant aussi vite que le vent, Madril parvint sans mal au bord du gouffre qui menait au Temple. Jamais personne ne s’y était aventuré lorsqu’il était immergé... Mais le Temple ne sortirait qu’a la pleine Lune, le lendemain ... Et on ne pouvait attendre ... Madril mit pied à terre. Il avança, jusqu'à se retrouver jusqu’au point qui délimitait l’espace entre le vide et la terre.


Viens.


Madril se pencha.


Viens.


Madril sauta et s’enfonça dans les ténèbres opaques du gouffre ...





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Madril
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Post Posted : Fri 6 Jun - 16:52    Post subject : Le frère de la Lune Reply with quote

Partie 4

Madril s’enfonça dans les oppressantes ténèbres. Alors, son ignorance le frappa de plein fouet. Toute cette certitude et ce savoir qu’il avait acquis si peu de temps auparavant semblaient remontés très loin... Au-delà de ce noir ...
Ses pieds se posèrent en douceur sur une grosse plaque de pierre. Sous cette pierre lisse, Madril le savait, se tenait fièrement le Temple de la Lune, lieu de prière bien étrange où prophéties et mystères se chevauchaient sans cesse.

Madril voulut chercher une issue, une marque, quelque chose qui lui aurait permis d’y voir plus clair ... Y voir pour clair, encore une chose bien impossible, car dans cette totale pénombre, impossible d’y voir ... A croire que tout homme entrant dans ce sanctuaire était condamné à la nuit et à la cécité. Comment diable un aveugle pouvait-il se repérer dans ce lieu empreint de la sagesse de tous les illustres roi kharans ... Madril se mit à genoux et commença à tâtonner pour trouver quelconque indice qui lui aurait permis de s’orienter ...

Soudain, un raclement sourd emplit le cratère sombre. Le raclement se faisait de plus en plus violent, mais au fur et à mesure que le temps passait, Madril pouvait entendre des paroles d’une langue gutturale, l’ancien kharan.

« Zakey veajii kseay ghorn ! »
« Mon roi, touchez- moi ! »

Même s’il ne voyait pas la source, Madril sentit qu’on bougeait non loin de lui, mais dans cette obscurité totale, impossible d’y voir ... Le mouvement se fit plus rapide, jusqu'à toucher Madril. Le contact d’une lame glacée qui lui entaillait le ventre fit tomber le seigneur de la Lune à genoux. Il sentait, sous ses mains qui tentaient de retenir le flot de sang qui coulait, que la force lui manquait pour survivre. Il allait mourir, et n’avait rien accompli. Il mourrait à genoux dans le noir, comme le pire des malfrats ... Il sentait que le prochain coup qui le décapiterait serait mortel. Il ferma les yeux. Non, il devait mourir en roi, il ouvrit un œil ...

Et découvrit une armure étincelante devant lui, une épée à la main. Il vit autour de lui... Il vit au dessus de lui, la sortie de l’abîme dans laquelle il avait plongé. Sans perdre une seule seconde à réfléchir, la phrase de l’armure éclata dans la tête de Madril qui posa la paume de sa main sur la jambière droite du monstre d’acier.
Aussitôt, le mouvement de l’épée se stoppa et le géant de fer s’agenouilla à son tour, juste en face de Madril. Comme pour vérifier, Madril ouvrit son deuxième œil, le noir se fit. Soudain, il repensa à la dernière date de son sommeil ...

« Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ... »

Il fut tiré de sa réflexion par la langue étrange et gutturale de l’armure.

« Tri kerfag okrist oghj hrost ! »
« Entrez, Roi, trois chemins ! »


Soudain, dans un bruit de fin du monde, la plaque de pierre où se trouvait Madril coulissa lentement, dépassa les bords du toit du temple, puis s’arrêta brusquement, laissant une ouverture sur une grande salle, là où se trouvait l’armure de métal, il n’y avait que quelques secondes ... Ne pouvant se retenir d’avantage, Madril tomba sur le flanc, gisant dans une marre de sang ... Il fallait atteindre le trou, il mourrait alors dans le Temple, comme ses ancêtres ... Il rampa et s’accrocha au rebord du vide et se hissa tant bien que mal dans l’ouverture du toit. Il tomba lourdement sur une tapisserie aux milles couleurs. L’ouverture se referma et le toit redevint complet. Ses pensées dérivèrent, son esprit parfaitement conscient que la vie l’abandonnait petit à petit ... Cirion, il avait signé son arrêt de mort ... Il avait ordonné qu’on l’arrête. Pauvre fou, il avait tué son frère, son frère d’armes de toujours ...

Il ferma les yeux et entendit chanter pour lui les cors du Jardin de l’Eternité ... Il entendait chanter ... Le bruit s’intensifiait, ça y est, il était dans le Jardin... Il ouvrit les yeux, pensant voir les paysages des rivages Eternels ... Deux hommes se tenaient debout, c’étaient les Gardiens du Jardin ... Tout autour de lui, tout était d’or et d’argent, tout était entouré d’un halo lumineux. Madril tendit ses mains, il n’avait plus mal nulle part ... Joyeusement il se remit debout et accepta la mort comme une amie ... Mais la réalité ne fut que plus violente ...
Madril reçut un formidable coup et toute la lumière disparut, pour revenir à une pièce peu éclairée.

Ta route ne se finit pas là.

En entendant ceci Madril contempla la pièce où il avait atterri du toit qui s’était à présent refermé. Aucune chance de revenir sur ses pas. Avançant vers un mur il remarqua une porte avec une Lune gravée dessus. Ouvrant la porte, il s’engagea dans un couloir chichement décoré. S’il s’était bien repéré, Madril devait être dans la partie haute de l’édifice, partie réservée aux prêtres et seulement aux prêtres et aux rois kharans de jadis. Il continua à longer le couloir rempli de tableaux en tout genre, et ne fit que peu attention aux détails mais s’arrêta net devant un tableau plus grand que les autres, plus beau, plus majestueux : Le tableau représentait une scène de combat. Un homme en armure blanche et or remplissait le premier plan et se tenait fièrement debout sur un pont de bateau, avec les flots qui léchaient ses pieds. Sa tête était dépourvue de heaume et son regard portait vers l’Est ... Le Chevalier de blanc avait fière allure et tenait une épée a la lame bleue au bout de laquelle était allongée une créature étrange, mi homme mi reptile. Son poing gantée était entouré d’une aura blanche d’une pureté étonnante ... Il se retourna et regarda la fin du couloir, il y avait trois portes ... Il fallait qu’il se ressaisisse, Madril n’avait plus beaucoup de temps. Il franchit une des trois portes et eut un choc auquel il ne s’attendait pas. La salle dans laquelle il venait d’entrer était remplie. Des hommes en armures, en costumes, en capes étaient partout. Assis, debout, accroupis, une centaine d’hommes se tenaient serrés dans cette salle. Tous les regards étaient rivés sur un homme en cape blanche, sur une estrade improvisée. Personne ne remarqua l’entrée de Madril. L’homme de l’estrade parlait à grands renforts de geste et Madril du se concentrer pour comprendre ses paroles, car il parlait en ancien kharan... L’homme débitait un discours sur l’unité et l’union de plusieurs peuples ... Il parlait en ces termes :

« Mes amis, si nous sommes ensembles réunis, c’est car vous avez acceptés de venir sur mon invitation. Sachez que la menace qui nous guette de la partie Ouest de notre bon pays, est devenue trop grande pour être repoussée par nos peuples. Il nous faudrait une armée unie et liée. Pas plusieurs tribus. Unissons-nous, combattons sous une même bannière. Nous devons en ce temps de guerre, proclamez l’Empire Kharan ... Abandonnez vos Duchés et Marquisats, unissez-vous devant un même étendard ! Que l’Empire vainc ! »

Madril n’eut pas le loisir de contempler la réaction de la foule car tout disparut aussitôt que les personnages étaient apparus. Seule la pièce n’avait pas bougée. Madril la traversa également, il fallait qu’il trouve ... Mais qu’il trouve quoi après tout ? Ah oui cette fameuse prophétie ... Le jour saint, c’était aujourd’hui même selon les calculs de Madril ... Mais avait-il vraiment l’esprit clair ? Depuis combien de temps arpentait-il ces longs couloirs ... Il avança vers l’estrade et monta là où l’homme en blanc avait parler il n’y avait que quelques secondes ... Cette fois-ci le phénomène se reproduisit mais il n’y avait qu’un homme en face de Madril ... Et il semblait le voir. L’homme était en noir, jusqu'à la capuche qui cachait son visage. Il s’agenouilla devant le Prince de la Lune ... Ne sachant que faire, Madril se contenta d’attendre. L’homme ne daigna pas se relever, la tête toujours baissée. Le jeune homme avança de quelques pas et se plaça devant l’homme agenouillé. Ce dernier releva la tête et présenta ses deux mains paumes vers le ciel. Il tenait une épée ... Une épée magnifique, une lame en acier brillant. Sur le pommeau en métal, des inscriptions en or courraient jusqu'à la pointe de l’épée. L’harmonie du gris clair et de l’or était tout simplement somptueuse ... Presque sans y penser, Madril referma sa main sur le pommeau. Instantanément, ce dernier brilla et chauffa. Le Seigneur sentit naître en lui un nouveau sentiment. Un sentiment de conquête, de pouvoir et de puissance. L’homme mystérieux abaissa sa capuche. Il avait un heaume d’une toute beauté. Blanc comme l’épée, il contenait des ailes dessinées sur les côtés du casque. Des inscriptions d’une finesse exceptionnelles étaient gravées en argent sur les côtés et Madril ne pu déchiffrer ces runes. L’homme retira le casque et le posa sur la tête de Madril. Ce dernier à ce moment senti le casque entrer en contact avec sa tête. Il ressentit une nouvelle impression, une nouvelle sensation. Ses pensées étaient plus fluides, une nouvelle célérité s’était emparée de lui. Puis, l’homme lui enfila un gant. Madril ressentit plus de force dans son poing. L’homme se déshabilla encore et plaça une armure blanche et or sur le poitrail de Madril. Ce dernier ressentit une vigueur et une santé plus vive. La fatigue qui s’était emparée de lui était partie ... L’homme était à présent munie d’une simple tunique bleue. Il parla à Madril avec une voix profonde et grave.

La sagesse des Anciens n’est pas immortelle, sachez Seigneur que vous n’avez pas encore acquis le pouvoir des Empereurs de Jadis ...

Et comme par enchantement, l’homme disparut. Tout armé, Madril réfléchit à toute vitesse. La Sagesse des Anciens ... L’aurait-il acquis ? Serait-ce tout ? Serait-ce tout ce qu’il aurait acquis ? Qu’importe, il était ressortit de tout ça avec une puissance toute nouvelle ...

Il descendit plusieurs étages et sortit du Temple, et se dirigea en traversant le désert vers le Palais ...

Mais, dans la pièce où Madril avait vu le tableau avec l’homme en blanc ... Le tableau changea et des lettres en rouge sang apparurent :

« Garde aux profanateurs qui devront répondre de leurs actes par la punition de la Frontière ... »


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